02 juillet 2006

Mais où ils sont ... mais où ils sont ... mais où ils sont les black blanc beur la la la la la

J'ai fait un rêve

21h
le samedi 1er juillet 2006
l'équipe de France de football
affronte
l'équipe du Brésil

coup de sifflet
de l'arbitre
mise en jeu

le match commence

les joueurs de l'équipe de France
restent immobiles
l'équipe du Brésil
ne comprend pas
mais
va droit au but
et marque

Fabien Barthez n'a pas bougé
lui non plus

remise en jeu
pour l'équipe de France

aucun joueur français
ne se déplace
vers le rond central
pour l'effectuer

Raymond Domenech
ne comprend pas
il crie

les supporters sifflent

devant leurs télévisions
les téléspectateurs
crient
gueulent
s'étranglent à hurler

on voit à l'image
l'arbitre
qui va voir Zidane
capitaine de l'équipe de France
lui parle face à face

on voit Zidane
qui ne répond rien
mais fait un signe
aux joueurs de son équipe

de manière synchrone
ils enlèvent
ensemble
leur maillot
de l'équipe de France

chacun porte alors un t-shirt blanc
sur lequel
il est écrit

POUR PROTESTER CONTRE LA POLITIQUE D'IMMIGRATION FRANCAISE

03 avril 2006

demain

partir

loin

fuir

13 mars 2006

(sans titre)#2

où voulez-vous en venir












juste là
à cet instant
qui ne sera plus

c'est tout

13 février 2006

(sans titre)

comme mis en évidence
dans l'embrasure de la porte
un rappel à l'ordre
les mots de mon grand-père
"la nature revient toujours au galop"

plaisir d'enfant

reconstruire chaque été dans le sable
le labyrinthe

j'ai accepté le jeu
qui consiste à croire en l'instant
sans autre avenir
que le présent simple

l'accord répété
jusqu'à ce qu'il sonne juste

08 février 2006

La chambre claire

la fréquence mécanique
froideur de l'ombre portée aux nues
l'aveuglement pour qui
ose de trop près

juste avant la lumière

l'effacement lent
du corps en suspens
jamais le temps ne fût plus incertain

dehors
peut-être
retrouver cette sensation vraie
d'avoir vécu

05 décembre 2005

Le dimanche à la campagne

nous avions quitté l'autoroute depuis maintenant une demi-heure
sous nos phares à présent le bitûme privé de ses lignes blanches pointillées ou continues
les seuls bas-côtés comme repères
nous nous engagions dans les profondeurs d'une campagne bretonne
loin pensait-on
avec cette étrangeté de la question qui se pose alors
d'un éloignement vécu comme tel

des maisons
ça et là
fenêtres lumineuses dans la nuit
ponctuaient ce vide alentour
théâtre d'ombres
au sein duquel nous progressions

rien
loin pensait-on
les uns des autres

certaines fenêtres reflétaient déjà la lumière bleue du téléviseur
la flamme moderne
comme celle du gaz
que viennent inhaler chaque soir
ces millions de spectateurs

rien

nous arrivions à cette maison
avec la même angoisse
qu'enfants nous ressentions
lorsque
devenus trop grand
il nous fallait
le dimanche
y tuer le temps